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Mon Dieu, que je n'aimerais pas être filloniste ces jours-ci... En effet, de sondages calamiteux et promesses abandonnées, d'absence du candidat (parti à la neige) en prises de paroles des prote-parole qui se contredisent, d'agenda vide en promesses de "refaire du terrain" (preuve au passage qu'il avait arrêté), les fillonistes ne sont pas à la fête. 

Derniers coups en date, la sortie ce matin d'un Fillon décomplexé de la trahison "Je suis prêt à accueillir François Bayrou et ses amis mais pas au prix d'une négociation sur mon programme". Comprenez, "Nous allons négocier avec lui des postes et des circonscriptions gagnables". Oui, comprendre la politique, c'est aussi lire ce que la formulation induit. En compol, on appelle ça l'implicite, en religion, on parle de pêché par omission.

Mais, comme si cela ne suffisait pas, celui qui a soutenu Nicolas Sarkozy (si, il y a très longtemps, au point de pleurer pour rester 1er Ministre pendant 5 ans) déclare "Aujourd'hui, la défiscalisation des heures supplémentaires n'aurait aucun sens". Cette mesure, qui a bénéficié à 9 millions de Français, qui a été plébiscitée, qui a été immédiatement détruite par la gauche, et bien cette mesure François Fillon n'en veut plus. Pourquoi ? Parce qu'elle est trop sarkozyste. Alors après avoir chassé de l'organigramme les sarkozystes, après avoir appelé la gauche (et oui, comme Juppé) à venir voter contre Sarkozy à la Primaire de la Droite et du Centre, et bien Fillon fait la chasse aux idées de Nicolas Sarkozy (en reprenant quand même le slogan de 2012, ce qui est, à mon sens une erreur).

Cerise sur le gâteau, on apprend que l'UDI (cet allié précieux qui avait soutenu Fillon dès qu'il a été en position d'être potentiellement élu) réclame 50 circonscriptions éligibles de plus alors que Nicolas Sarkozy avait réussi à en négocier 40 avec l'UDI. Soit plus du double de ce qui avait été négocié et voté... par les Républicains ! C'est donc, en plus de celles données à Bayrou, une sorte de vente à la découpe de la droite locale et de son maillage mais aussi de la future majorité. En effet, avec une trentaine de frondeurs, le PS a gouverné à moitié. Avec une centaine de centristes, la "majorité" de Fillon Président serait impossible sans tractations quotidiennes et donc un retour à la IIIème ou IVème République où l'instabilité était la règle.


Enfin, François Fillon reconnait qu'il s'est planté sur la Sécurité Sociale, alors même que les fillonistes, tout à leur zèle du converti, nous expliquaient... qu'il n'avait pas reculé, pas fait d'erreur et qu'il tiendrait bon.

Donc, je n'aimerais pas être filloniste aujourd'hui. Contraints de répéter que "ce qui est dit est faux", même si c'est Fillon qui le dit. Contraints de dire que ne pas soutenir Fillon c'est faire le jeu de la gauche et du FN (alors même que Fillon a appelé la gauche et le FN à venir voter dans une Primaire de la Droite et du centre). Contrains d'accuser tous ceux qui ne pensent pas comme eux à porter la responsabilité de l'échec de leur mentor.

Franchement, je vous le dis, en vérité, mes biens chers frères, qu'il est doux de ne pas être filloniste...

Tag(s) : #Fillon, #Républicains

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